Le monde de la joaillerie

Qu’est-ce que le processus de Kimberley ?

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Chères lectrices, chers lecteurs, 

Nous sommes tous d’accord pour dire que le diamant est une pierre à part entière. 

Moi-même, jeune fiancé, je n’ai pas résisté à l’envie d’offrir à ma compagne une bague de fiançailles en diamant. Elle a dit oui, plus pour moi que pour la bague, je l’espère :)

Quoi qu’il en soit, je vous propose aujourd’hui de vous parler d’un sujet sur lequel on communique finalement assez peu en joaillerie : l’aspect éthique du diamant.

D’ailleurs, vous êtes nombreux à nous demander – en boutique ou au service client – l’origine de nos pierres et à nous poser des questions sur notre approvisionnement.

Alors, bien sûr, le diamant est un sujet délicat. Dans notre culture et notre inconscient, nous pensons que “diamant” et “éthique” ne sont pas compatibles. 

Vous avez d’ailleurs peut-être vu le film Blood Diamond avec Leonardo DiCaprio dans le rôle d’un trafiquant sans scrupule (si tu lis cet article Leonardo, sache que je suis un grand fan). 

Bien plus qu’un divertissement hollywoodien, ce film a fait l’effet d’une bombe, en dénonçant au grand public les pratiques de l’industrie autour de cette pierre si convoitée. 

Il faut le reconnaître, durant des années, l’industrie du diamant n’était pas vraiment en odeur de sainteté à cause des nombreux conflits liés à son extraction. Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Pour répondre à cette question, je vous propose de rentrer directement dans le vif du sujet et vous parler de la principale barrière pour mettre fin à ces tristement célèbres “diamants de conflits” : le processus de Kimberley.

C’est parti ! 

La référence pour la traçabilité du diamant

Petit rappel historique

Nous l’avons dit, les chemins empruntés par les diamants qui ornent les créations joaillières ont longtemps été très opaques. Dans le secteur de la joaillerie, très peu de Maisons avant le 21e siècle questionnaient leurs fournisseurs sur les conditions de travail des employés ou sur leurs méthodes.

En 1998, un rapport de Global Witness sur le rôle du marché du commerce des diamants dans la guerre d’Angola, vient sonner le glas de cette innocence. 

Le rideau tombe et on découvre, non sans stupeur, l’envers du décor et la réalité qui se cache derrière cette industrie jusqu’alors très confidentielle. 

Le précieux diamant est devenu une arme redoutable pour financer des groupes rebelles de certains pays africains. Sa grande valeur finance les conflits armés et les guerres civiles, d’où le triste surnom de  “diamants de sang”.

Dès lors, on perçoit le diamant non plus comme une pierre d’exception, mais comme une source de violence, dissimulée dans les poches d’enfants-soldats. 

Une action immédiate, commune et décisive

Face à cette sombre réalité, une prise de conscience mondiale s’impose

Très vite, les acteurs de l’industrie décident de faire bouger les choses. Industriels du diamant, nations du monde entier et ONG créent, sous l’égide de l’ONU, un système visant à interdire l’importation de ces diamants de sang : le processus de Kimberley

Il s’agit d’un accord qui rassemble plusieurs acteurs de la communauté internationale. Tous sont guidés par une même volonté : celle de faire avancer et progresser le monde du diamant vers ce que doit être la véritable excellence et exigence dont doit se parer le luxe aujourd’hui.

Alexis – Gemmologue de la Maison Gemmyo

L’objectif du processus est simple : 

  • Enrayer progressivement le commerce des diamants de sang. 
  • Permettre un maximum de transparence dans la chaîne d’approvisionnement du diamant.

Un peu à la manière du G7 ou du G20, les acteurs se réunissent, discutent et cherchent des solutions pour agir.

La première réunion en 2000 fût plutôt encourageante : plusieurs dizaines de pays rallient la cause, bien décidés à stopper ces atrocités. Parmi eux, les représentants de six États importateurs et exportateurs de diamants : l’Afrique du Sud, la Belgique, le Botswana, les États-Unis, la Namibie et le Royaume-Uni.

Le processus est en bonne marche ! Il est soutenu par mandat des Nations Unies et inclut également le conseil mondial des diamants, bref, une affaire reconnue par les plus grands !

Mais, une autre question se pose désormais : concrètement, quelle est la suite ?

Pour formaliser l’engagement des pays et mieux répondre au problème sociétal lié à l’extraction des diamants, les acteurs mettent en place le Système de certification du Processus de Kimberley (SCPK) à partir du 1er janvier 2003. En clair, il s’agit d’un certificat, comme un passeport ou une carte d’identité, qui garantit la provenance de vos diamants.  

Comment marche ce certificat ?

Pour vous donner une idée, voici les éléments qui doivent figurer sur le certificat : 

  • La description du contenu de la cargaison (le nombre de diamants, leur taille, leur poids)
  • Sa valeur
  • Les dates de délivrance et d’expiration
  • Un numéro unique, qui fait l’objet d’une inspection systématique aux frontières

Avec ce certificat, tout est passé au crible : les importations, les exportations et tout le commerce intérieur de diamants !

Notons également que chaque pays ne peut faire affaire qu’avec d’autres pays respectant les exigences de Kimberley. Exit donc les groupes rebelles.

Quel est le résultat en 2021 ?

Aujourd’hui, le processus compte 54 membres et représente 81 pays !

Même si l’on a souvent pointé du doigt ses accomplissements (du fait de son champ d’action trop restreint ou du manque de contrôle tout au long de son cheminement), la bonne nouvelle, c’est que les directives du processus ont fini par porter leurs fruits : on estime que 99,9% des diamants naturels ne proviennent pas de zones de conflit !

Un engagement pour la traçabilité du diamant chez Gemmyo

À ce stade, vous vous dites certainement que je suis bien sympa et que tout ça est très théorique, mais dans les faits :  

“Qu’est-ce cela signifie concrètement pour les diamants chez Gemmyo ? D’où proviennent vos diamants ? Où sont-ils extraits ?”

De la mine à l’écrin

Chez Gemmyo, nous nous efforçons de maintenir une chaîne d’approvisionnement courte et transparente, tout en conservant l’exigence et la plus haute qualité pour nos diamants. 

Sachez qu’il est très difficile de donner l’origine précise d’un diamant en particulier, surtout pour les diamants de petite taille comme ceux de pavage de moins de 2 mm. 

En effet, les diamants bruts sont taillés puis bien souvent regroupés en “lot” par caractéristiques (taille, pureté, éclat…). Pour les petites tailles, ces lots peuvent regrouper plusieurs centaines de pierres. 

En tant que joaillier, nous sommes directement en lien avec des fournisseurs de pierres taillées – appelés aussi diamantaires – et non en amont. 

Néanmoins, disons-le tout de suite, nous travaillons bien sûr uniquement avec des diamantaires qui respectent à la lettre le processus de Kimberley

Il est impensable pour nous, en tant que Maison de joaillerie, de ne pas être vigilants sur la traçabilité de nos fournisseurs. Au-delà de notre volonté, les contrôles par l’Etat sont réguliers et particulièrement exigeants, ce qui est assez rassurant par ailleurs…

Vers une joaillerie plus éthique et encore plus responsable 

Chez Gemmyo, nous sommes tous convaincus que l’engagement pour une joaillerie éthique est essentiel. 

Cet engagement que nous prenons avec nos équipes, nos ateliers, nos fournisseurs implique l’humilité de remettre en question tout ce que nous faisons et comment nous le faisons afin de nous améliorer constamment. 

C’est pourquoi, au-delà du processus de Kimberley, nous travaillons également uniquement avec des fournisseurs certifiés au RJC, le Responsible Jewelry Council. 

En deux mots, la certification RJC assure le respect des bonnes pratiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement – de l’extraction des matières à la vente – notamment pour l’or et les diamants. 

Aujourd’hui, cette certification est devenue incontournable pour démontrer le sérieux d’une Maison de joaillerie.

Retrouvez notre article complet sur le RJC

Vous l’aurez compris, la traçabilité de nos matériaux – et notamment de nos diamants – est un sujet que nous ne prenons pas à la légère, et ce n’est pas prêt de s’arrêter :) 

Pour preuve, nous communiquons finalement très peu sur toutes ces certifications alors que nos ateliers et fournisseurs sont tous contrôlés depuis plusieurs années ! Nous ne voulons pas en faire un simple argument marketing mais une démarche sincère. Car, chez Gemmyo, l’une de nos grandes convictions est que la parole n’est rien sans l’action :)

Sur ces bonnes paroles, un grand merci d’avoir pris le temps de lire cet article et n’hésitez pas si vous avez des questions sur le sujet à nous laisser un mot en commentaire !

À très bientôt, 

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